Huile de palme rouge et huile de palmiste
Suisse — Accord de libre-échange avec l’Indonésie
Les votations du 7 mars 2021 sur l’accord de libre-échange avec l’Indonésie ont remis sur le devant de la scène la question des importations d’huile de palme. En discutant avec des amis originaires d’Afrique, ceux-ci m’ont rappelé qu’on y consomme près de 10 kg d’huile de palme par personne et par an.
Mais l’huile de palme rouge, consommée traditionnellement en Afrique, n’a rien à voir avec celle exportée depuis la Malaisie — et peut-être demain depuis l’Indonésie. Il serait d’ailleurs malhonnête de jeter la pierre aux pays consommateurs : la responsabilité incombe avant tout aux industries des pays riches.
Il est donc essentiel de distinguer l’huile de palme rouge traditionnelle de l’huile de palmiste industrielle.
La première, comme son nom l’indique, est rouge. Elle est obtenue par pression directe du fruit, sans transformation lourde. Riche en caroténoïdes, elle est produite localement et consommée comme un aliment de base.
L’huile de palmiste, en revanche, est extraite non pas du fruit mais de l’amande. Elle provient de variétés hybrides sélectionnées pour leur rendement élevé et se retrouve déjà amputée d’environ 20 % de ses nutriments d’origine.
Pour faciliter sa transformation industrielle, cette huile est traitée à chaud, hydrogénée — ce qui augmente significativement les acides gras trans — puis raffinée à l’aide d’acides phosphorique et sulfurique.
Elle est ensuite recolorée à l’aide d’additifs (E100, E163), traitée avec des solvants chimiques comme l’hexane, avant que des vitamines ne soient réintroduites artificiellement.
Le résultat est une huile solide à température ambiante, facilement transportable, à haut rendement et surtout bon marché.
On la retrouve aujourd’hui partout : dans les biscuits, les plats préparés, les bouillons, les produits ménagers, et bien au-delà de l’alimentation.
