MILAN
En 1901, Pellizza da Volpedo achève son œuvre la plus connue, Il Quarto Stato. Cette peinture constitue une réponse directe au Tiers-État et affirme la nécessité, pour les travailleur·euse·s et pour le peuple, de participer pleinement aux décisions politiques.
L’œuvre traduit l’engagement humaniste de l’artiste, convaincu du rôle social de l’art. Pellizza se sent investi du devoir d’« éduquer » la population, tout en lui permettant de s’élever spirituellement et culturellement. Le pari est tenu : ce chef-d’œuvre devient l’un des symboles majeurs de l’Italie du XXᵉ siècle. Il représente une grève ouvrière comme acte de protestation sociale et moment de prise de conscience collective.
Le tableau exprime l’affirmation du prolétariat comme classe consciente de sa valeur et de ses droits. Son message central — rappeler que le peuple doit participer aux décisions politiques — reste valable dans toutes les sphères du pouvoir. Ni les partis politiques ni les syndicats ne peuvent s’y soustraire.
Il n’est jamais inutile de rappeler que les compétences appartiennent au peuple : aucune élite, de gauche comme de droite, n’a le droit — tant que la liberté a un sens — d’imposer un système qui ne servirait qu’elle-même.
Pellizza da Volpedo, Il Quarto Stato, 1901 — Museo del Novecento, Milan
